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🦃 La Dinde Graciée — Conte d’une Ex-Condamnée à Mort

Dernière mise à jour : 26 janv.


Mon histoire, racontée par moi, dinde graciée malgré moi Je m’appelle Feather Louise, née quelque part dans un hangar métallique du Midwest.

Tu vois le genre : lumière artificielle, sol de sciure, nourriture à volonté mais aucune conversation intéressante.

Une enfance sans poésie, à part la fois où une poule dépressive a tenté d’écrire un haïku dans la poussière.Il disait :“Grands humains bousculés,

Moi petite boule de plumes,

Mais pourquoi courir ?” On ne l’a jamais revue. Probablement partie écrire un roman.

J’ai grandi comme toutes les dindes industrielles : vite, trop vite, dans le vacarme des ventilateurs. On ne voit pas vraiment le ciel là-dedans, juste un rectangle bleu quand la porte s’ouvre. Pour beaucoup, ce rectangle signifie la fin. Pour moi, il a voulu dire… l’inverse.

Un humain en costume est arrivé et m’a désignée du doigt, comme au supermarché. J’ai d’abord cru que j’avais gagné un sort funeste. Mais non : j’avais gagné un pardon. Un vrai. Un officiel.

Un sourire coincé sur le visage d’un président américain qui n’a jamais porté de dinde dans ses bras. On m’a alors mise dans une cage de transport — d’une élégance discutable — et j’ai pris l’avion. Je te jure que ce n’est pas une métaphore Une dinde, en avion.

L’humanité est parfois si poétique sans le vouloir. Quand j’ai posé mes pattes sur la terre ferme française, je ne suis pas partie marcher dans les rues en signe de liberté (j’ai trop de respect pour ma survie).

On m’a conduite dans une ferme pédagogique-refuge, un endroit qui ressemble à une tentative de rattrapage cosmique : des humains qui se disent « On a fait n’importe quoi mais on va essayer de réparer un bout, un tout petit bout ». Et moi, j’aime bien ça.

Les bénévoles ont les mains tièdes et les yeux bons. Ils parlent aux animaux comme à des vieux amis revenus de loin. Personne ici ne me regarde avec des idées culinaires.

Je suis une dinde parmi d’autres rescapés du grand bazar humain :un mouton phobique du noir,une chèvre influenceuse repentie,un cochon qui refuse désormais tout maïs (“question de principes”),et un lama presque sage, qui médite sans avoir jamais pris de cours. Je suis lucide : j’ai eu une chance que mes sœurs n’ont pas.

Je sais très bien qu’en France, en décembre, on accompagne mes cousines de marrons.

J’essaie de ne pas y penser trop fort.Ce n’est pas contre vous — vous êtes un peuple charmant avec un goût incroyable pour la pâtisserie — mais enfin…Au pays de Molière, on a l’esprit fin mais l’appétit tragique.

Moi, j’ai la grâce présidentielle et la retraite champêtre.Je ne vais pas mentir : c’est agréable de vieillir dans un pré où les enfants apprennent à dire “merci” au vivant avant d’aller caresser un lapin rescapé.

Je reste méfiante, mais optimiste.L’humain est une créature étrange : capable de nous entasser par milliers… puis de créer, à côté, des lieux où il nous traite comme de petites souveraines.Une contradiction sur deux pattes.

Mais dans cette ferme-refuge, j’ai trouvé quelque chose qui n’existait pas dans ma vie d’avant :de la douceur, un peu de lenteur, un air qui sent le vrai, et des mains qui ne serrent pas mais accompagnent. Et ça, pour une dinde industrialisée du Midwest, c’est ce que j’appelle une sacrée deuxième chance.

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