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Le Voyageur immobile et le Semeur d’ailleurs

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Les arbres, c’est un phénomène bien connu, sont solidement enracinés et ne peuvent voyager.En êtes-vous bien sûr ?

Il était une fois un jeune chêne qui rêvait d’ailleurs.Les oiseaux qui se posaient sur ses branches lui racontaient toutes sortes d’aventures,les pays qu’ils avaient visités, les paysages qu’ils avaient survolés.

Il aurait tant aimé voyager !Mais il ne pouvait que regarder, désespérément, les grandes racines au pied de son tronc, profondément ancrées dans la terre.

Impossible d’en sortir.Il se sentait prisonnier, embourbé dans un lieu qui lui semblait monotone.

Un jour, alors qu’il se lamentait auprès d’un geai :

— Toi, tu peux voler. Tu es libre. Tu vas où bon te semble.Moi, je suis planté là…

— Mais qu’est-ce que tu racontes ? lui répondit l’oiseau.Tu connais l’écureuil ?Lui peut te faire voyager.Il te suffit de lui confier tes graines, et tu connaîtras d’autres paysages, d’autres terres, d’autres horizons.

Le petit chêne trouva l’idée ingénieuseet fit appeler l’écureuil pour lui faire part de son projet.

Dans une danse virevoltante et vertigineuse,le petit rongeur accourut à l’invitation avec beaucoup d’excitation.Qui peut dire si les écureuils sont des êtres de terre ou d’air,tant leurs mouvements sont légers lorsqu’on les voit s’élancer dans les airs ?

L’écureuil avait écouté le chêne avec un air grave, presque solennel.On aurait dit qu’il comprenait bien plus qu’un simple rongeur ne devrait.

— Tu veux voyager ? lui dit-il.Alors donne-moi tes graines. Je les emporterai.Loin. Là où tes branches ne peuvent aller,là où tes rêves appellent.

Et le petit animal tint parole.

Chaque matin, il revenait, bondissant d’une branche à l’autre,avec cette grâce légère propre aux créatures nées entre ciel et terre.Il fouillait parmi les glands, en choisissait un avec soin —pas toujours le plus gros, ni le plus brillant,mais celui qui lui parlait —et s’élançait à travers la forêt.

Personne ne savait vraiment où il allait.Certains affirmaient qu’il avait des cartes dans la tête.D’autres disaient qu’il allait au hasard,et que c’était le vent qui guidait ses pas.

Mais tous s’accordaient sur une chose :il revenait toujours, les yeux brillants,comme s’il avait traversé des royaumes.

— Tu sais, murmurait-il un jour au chêne,les graines, je ne les oublie pas.Les gens le croient, mais…parfois, je les sème exprès.Je sens que c’est leur place.Comme si quelque chose me soufflait :« ici, la vie pourra naître ».

Le chêne écoutait, fasciné.Il ne savait plus s’il avait affaire à un simple écureuilou à une sorte de jardinier secret du monde.

Les saisons passaient, et avec elles, les graines s’envolaient.

Elles poussaient ici, sur une colline venteuse,là, au bord d’un ruisseau,ou encore au milieu d’une plaine battue par le soleil.

Et à travers elles, quelque chose de neuf naissait chez le chêne.Des sensations lointaines, des parfums d’herbe inconnue,des lumières d’aubes qu’il n’avait jamais vues.

L’écureuil le savait.

— Tu vois, dit-il un jour en ricanant,tu voyages, maintenant.Pas avec des jambes ni des ailes,mais avec des racines.

Le chêne, touché, ne répondit rien.Il sentait.Et c’était tout ce qui comptait.

L’écureuil continuait sa course, infatigable.Pour lui, semer n’était pas un acte de routine.C’était une mission.Peut-être ne le disait-il jamais en ces termes,mais chaque saut, chaque trou creusé,chaque gland confié à la terreavait quelque chose de sacré.

Il ne jetait pas. Il transmettait.

Et lorsqu’il s’arrêtait un instant sur une branche pour regarder le ciel,le museau tourné vers l’horizon,il semblait rêver lui aussi —non pas de fuir la forêt,mais de la faire grandir, éclore, respirer.

Lui aussi, d’une certaine manière, était un arbre.Un arbre qui bouge.

Parfois, au creux du sol, dans les racines endormies,quelque chose murmurait —

Ce que le monde croit perdu,je l’appelle commencement.

Le chêne ne savait d’où venait cette pensée.Elle n’avait pas de voix.Mais elle résonnait.Comme un vieux souvenir qu’on aurait laissé là, en soi, pour plus tard.

Plus loin, dans la lumière d’un matin pâle,le jeune chêne frissonna doucement.

Quelque chose, au fond de lui, venait de bouger.

Il n’aurait su dire quoi —une image floue, une chaleur nouvelle,un appel très doux.

Il comprit alors qu’il n’était plus tout à fait seul.

Des morceaux de lui, là-bas, ailleurs, s’éveillaient.

Et avec eux, il commençait à sentir d’autres vents,d’autres pluies,d’autres chants d’oiseaux.

Il n’avait pas quitté la terre,mais déjà, il voyageait.

Sur sa plus haute branche,l’écureuil s’étira longuement.

Puis, sans un mot, il s’élança dans les airs,comme on envoie un message sans adresse —confiant que la forêt,un jour ou l’autre,le recevra.


— Tu sais, murmurait-il un jour au chêne,les graines, je ne les oublie pas.Les gens le croient, mais…parfois, je les sème exprès.Je sens que c’est leur place.Comme si quelque chose me soufflait :« ici, la vie pourra naître ».

Le chêne écoutait, fasciné.Il ne savait plus s’il avait affaire à un simple écureuilou à une sorte de jardinier secret du monde.

Les saisons passaient, et avec elles, les graines s’envolaient.

Elles poussaient ici, sur une colline venteuse,là, au bord d’un ruisseau,ou encore au milieu d’une plaine battue par le soleil.

Et à travers elles, quelque chose de neuf naissait chez le chêne.Des sensations lointaines, des parfums d’herbe inconnue,des lumières d’aubes qu’il n’avait jamais vues.

L’écureuil le savait.

— Tu vois, dit-il un jour en ricanant,tu voyages, maintenant.Pas avec des jambes ni des ailes,mais avec des racines.

Le chêne, touché, ne répondit rien.Il sentait.Et c’était tout ce qui comptait.

L’écureuil continuait sa course, infatigable.Pour lui, semer n’était pas un acte de routine.C’était une mission.Peut-être ne le disait-il jamais en ces termes,mais chaque saut, chaque trou creusé,chaque gland confié à la terreavait quelque chose de sacré.

Il ne jetait pas. Il transmettait.

Et lorsqu’il s’arrêtait un instant sur une branche pour regarder le ciel,le museau tourné vers l’horizon,il semblait rêver lui aussi —non pas de fuir la forêt,mais de la faire grandir, éclore, respirer.

Lui aussi, d’une certaine manière, était un arbre.Un arbre qui bouge.

Parfois, au creux du sol, dans les racines endormies,quelque chose murmurait —

Ce que le monde croit perdu,je l’appelle commencement.

Le chêne ne savait d’où venait cette pensée.Elle n’avait pas de voix.Mais elle résonnait.Comme un souvenir qu’on aurait laissé là, en soi, pour plus tard.

Plus loin, dans la lumière d’un matin pâle,le jeune chêne frissonna doucement.

Quelque chose, au fond de lui, venait de bouger.

Il n’aurait su dire quoi —une image floue, une chaleur nouvelle,un appel très doux.

Il comprit alors qu’il n’était plus tout à fait seul.

Des morceaux de lui, là-bas, ailleurs, s’éveillaient.

Et avec eux, il commençait à sentir d’autres vents,d’autres pluies,d’autres chants d’oiseaux.

Il n’avait pas quitté la terre,mais déjà, il voyageait.

Sur sa plus haute branche,l’écureuil s’étira longuement.

Puis, sans un mot, il s’élança dans les airs,comme on envoie un message sans adresse —confiant que la forêt,un jour ou l’autre,le recevra.


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